Le chef de l'Etat français a annoncé ce vendredi que des militaires français
étaient rentrés en action dans la nuit de jeudi à vendredi à Konna et Douentza, villes situées dans le centre du Mali, sur la ligne de front qui oppose l'armée du pays et les islamistes.
Deux hélicoptères français, initialement basés au Burkina Faso voisin ont attaqué les positions des islamistes permettant à l’armée malienne au sol de
reprendre progressivement des positions délaissées dans l'après midi au profit des islamistes. Ces derniers se seraient repliés de l'autre coté de la ligne de front après les bombardements.
L'armée malienne, qui s'était jeudi repliée à Sévaré à 60 km au sud de Konna, s’apprêterait, selon nos informations, à de nouveau affronter les islamistes qui menaceraient de revenir sous peu à
la charge.
Un retournement après plusieurs déclarations d'intention non suivies d'effet, selon le spécialiste du Mali André Bourgeot...
Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a demandé jeudi l'aide militaire de la France pour repousser une offensive des groupes armés islamistes dans
le nord du pays. Un appel au secours auquel François Hollande a répondu ce vendredi. Une décision prise dans la précipitation, selon le spécialiste du Mali André Bourgeot, directeur de
recherches émérite au CNRS et à la Fondation Maison des sciences de l’Homme.
Pouvait-on s’attendre à l’annonce de François Hollande ce vendredi soir?
Non. Auparavant, il avait fait plusieurs déclaration d’intention, noté l’avancée des rebelles, mais dans des discours politiques classiques. Ce vendredi midi, il avait botté en touche en se
cachant derrière la Cédéao, affirmant que la France répondrait, «aux côtés de ses partenaires africains» à l’«agression caractérisée» des «terroristes» au Mali. La décision de faire
intervenir des militaires français au Mali semble un peu précipitée, dictée par les événements de jeudi.
Pourquoi?
D’abord parce que l'armée malienne a annoncé avoir repris ce vendredi la ville de Konna, perdue jeudi au profit des djihadistes. Ensuite parce que cela va à l’encontre de ce que disent le chef
de l’Etat et le ministre de la Défense depuis plusieurs mois: il n’y aura pas de militaires français engagés dans des combats, mais seulement des formateurs et de la logistique pour appuyer les
combattants de la force africaine déployée au Mali sous l’égide de l’ONU pour permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale.
La situation est-elle désormais plus risquée pour les Français et la France?
Demander aux ressortissants français d’évacuer est une mesure sécuritaire de précaution, qui peut se comprendre car cette intervention peut augmenter le risque terroriste contre les Français au
Mali, mais aussi en France. Quant aux otages français au Mali, je persiste à croire que, sur le plan stratégique, il n’est pas dans l’intérêt de leurs ravisseurs de les exécuter. Ils
représentent des marchandises, qui peuvent rapporter de l’argent, voire un moyen de négociation politico-militaire