Lieu ideal pour s'informer , relayer des informations,partager les idées tout en respectant les opinions des autres
ruvr
L'Union européenne qui donne des leçons de morale au monde sur la liberté et les droits fondamentaux, montre encore plus un visage qui ne correspond pas à la France et au monde latin. François Hollande, apprenant que Edward Snowden était à bord du jet présidentiel bolivien, aurait dû sauter de joie et inviter l'ex-citoyen américain à prendre la nationalité française en bon président d'un pays latin pour refuser le droit anglo-saxon.
Le président de la Bolivie Evo Morales, avec son avion qui venait de Russie, a reçu l'ordre de se poser à Vienne ce mardi et l'autorisation de décoller le mercredi en matinée. Pour les autorités boliviennes, la halte en Autriche vient des États-Unis. Selon une rumeur, Edward Snoden se trouvait à bord. Cette recherche d'Edward Snowden révèle encore plus la situation des pays dans la zone européenne et de ce qu'est devenue la France. Edward Snowden a révélé pourtant des choses connues. Les médias aurait mieux fait de révéler des choses inconnues.
Fin des pays indépendants. L'Autriche, ce petit pays de 8,5 millions d'habitants de la zone germanique, a arrêté l'avion du président d'un pays de 10 millions de Boliviens alors qu'aucune preuve de délit n'était entre les mains des autorités, sans compter qu'il s'agit d'un avion d'un pays souverain. L'ordre des Etats-Unis aux pays européens d'interdire le survol de leur espace aérien à l'avion présidentiel bolivien va marquer l'Histoire. C'est la totale soumission de l'Europe aux États-Unis qui est démontrée ici. Même la France, ce pays qui vante la liberté et l'esprit critique dans ses écoles pour sauver le monde qui se trouverait sous la férule de la dictature, a accepté l'ordre américain en interdisant l'avion du président bolivien de survoler le pays, terre d'asile et de salut par tradition. Nous sommes loin de l'esprit de De Gaulle et de la résistance.
On réalise que François Hollande peut embastiller qui il veut, sans avoir mené une enquête digne des Lumières, en obéissant à des ordres étrangers. Avec les révélations d'Edward Snowden, François Hollande, qui faisait le président outré sur ces révélations, avait pourtant exigé de Washington de stopper ces écoutes en Europe. Droit comme la justice, le président Hollande s'était levé pour dénoncer ces méthodes gestapistes ou de Stasi, selon le goût historique des lecteurs. Et voilà que le président français fait l'inverse de sa déclaration en donnant carte verte aux ordres américains, montrant que la France n'est pas maîtresse de son espace aérien.
NSA et Merkel. Wayne Madsen, un ancien agent du NSA lui aussi, juste après les révélations d'Edward Snowden, a dit que la chancelière se comportait comme le capitaine Renault dans le film Casablanca et trouvait les accusations d'Angela Merkel contre les États-Unis concernant les écoutes une pure simagrée. Tout comme François Hollande, la chancelière avait exigé des explications d'Obama. En fait, Wayne Madsen dit que l'Allemagne d'Angela Merkel savait depuis longtemps que les États-Unis espionnaient les institutions européennes ou nationales et n'avait rien dit. Madsen, écœuré de voir l'attitude des responsables politiques, explique qu'il a rendu publiques ces informations car les gouvernements européens ont dit à moitié la vérité à leur peuple sur la coopération avec les services américains de sécurité qui revient au niveau de celui de la Guerre froide.
Madsen explique aussi que les sept pays incriminés transmettent les données de leurs habitants (portable, internet, mails, sites internet visités) via un câble de fibres optiques qui se trouve sous l'océan. Sous les ordres des États-Unis l'Allemagne, la France, les Pays Bas, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne et le Danemark ont dû transmettre au NSA les données des portables et d'internet de leurs populations. Il faut aussi dire que la prise de position de Wayne Madsen dans le journal Die Welt a été retirée de sa publication en ligne très rapidement après sa parution. Cela montre la sensibilité du sujet et la dose de répression dans la zone européennem au-delà des Etats-Unis. La France, en se comportement de la sorte, a loupé une occasion historique de reprendre une posture politique ou intellectuelle qu'elle n'a plus.
Pas connus. Depuis 1998, le Bundestag a voté une loi permettant des écoutes de grande ampleur sur sa population. La police a le droit de placer des micros dans les lieux privés comme les appartements ou dans les voitures des personnes qui paraissent suspectes. En 2005, la loi autorisant les écoutes de la population a été revue et permet toujours d'enregistrer les conversations téléphoniques de tous les portables et de tous les services internet. Edward Snowden révèle des actions qui paraissent évidentes de la part des États-Unis. En outre, le fisc allemand a le droit quand il veut de consulter les comptes en banque des gens sans leur demander leur autorisation. Ce sont les moyens d'écoutes mis en place par les États européens contre leur propre population qui nous intéressent plus que les écoutes sur des institutions européennes ou nationales. De plus l'avion présidentiel, a été stoppé par les Européens.
Olivier Renault