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New York- Genève / M. Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, a affirmé que le succès du plan d'Annan dépend d'un engagement international, d'une volonté politique honnête d'exécuter la totalité du plan ainsi que de la cessation de l'armement et du financement des groupes terroristes armés en Syrie par des parties extérieures. Dans une conférence de presse tenue à New York, M. al-Jaafari a indiqué que les entretiens d'Annan en Syrie s'étaient déroulés dans un climat positif et constructif, précisant que la Syrie s'engage au succès du plan Annan de six points. "Les deux parties se sont mis d'accord sur un ensemble de mécanismes destinés à alléger la violence et à récupérer la sécurité partout en Syrie", a-t-il indiqué. Il a fait noter que le briefing de l'émissaire onusien et le rapport du secrétaire général de l'ONU n'ont souligné aucune nécessité d'escalader la situation du point de vue politique et ne portent aucun indice sur le chapitre VII ni sur la cessation de la mission des observateurs internationaux en Syrie, mais les deux insistent sur la nécessité d'aider le peuple et le gouvernement syriens à exécuter le plan d'Annan. Il a mis l'accent, à cet effet, sur la nécessité que ceux qui ont d'influence sur les parties en Syrie l'emploient pour aider Annan et le gouvernement à appliquer le plan, ajoutant que sans la mise d'une fin à l'armement et au financement des groupes armés il serait difficile de faire réussir ce plan. Abordant l'exposé présenté par Annan, il l'a qualifié de "responsable et équilibrée", ajoutant : "Ceux qui avaient appelé au recours au chapitre VII ne sont pas de véritables souteneurs de la mission d'Annan". Il a mis en garde, à cet effet, contre les tentatives de certains pays d'avorter le plan et de le faire sortir de ses rails. "Nous avons averti dès le début de la présence des groupes terroristes armés en Syrie, la chose qui a été nié par certains pays du conseil de sécurité et hors du conseil, mais Ban Ki-moon lui-même a reconnu la présence d'une 3ème partie en Syrie", a-t-il signalé, invitant ceux qui influencent les groupes armés à soutenir l'idée du dialogue global entre tous les syriens et sous la direction des Syriens eux-mêmes pour aider la Syrie de retrouver la stabilité et de construire son futur. Il a affirmé, aussi, la nécessité d'adopter un projet de résolution qui prolonge la mission des observateurs arabes en Syrie, en tant qu'acte de procédure, soulignant qu'il y avait des parties qui œuvrent pour politiser les procédures adoptées par le Conseil de sécurité. Quant au projet de résolution russe sur la crise en Syrie, al-Jaafari l'a qualifiée d' "objectif", précisant qu'il se base quant au prolongement de la mission des observateurs sur le rapport de Ki-moon et les positions d'Annan et non pas sur les intérêts d'un tel ou tel pays. "Ce qui importe est la préservation de l'honnêteté du processus et d'aider Annan à appliquer son plan", a-t-il dit. Il a souligné que la Syrie a envoyé 141 messages authentifiés aux organisations internationales, dont le conseil de sécurité, confirmant la présence des groupes terroristes armés et des terroristes venant de nombre de pays arabes, tels que la Libye, la Tunisie, les Emirats Arabes unis, l'Arabie Saoudite et le Koweit. "Une partie de la crise en Syrie est interne et c'est pourquoi les résolutions de l'ONU insistent sur un règlement syrien et sous une direction syrienne. Si cette question aurait été respectée dès le début on aurait mis fin à cette crise depuis longtemps", a estimé al-Jaafari qui a fait noter que la plupart du peuple syrien est contre la corruption à l'exemption d'une petite couche qu'on doit demander des comptes. Passant à l'opposition, il a estimé qu'elle doit être nationale et responsable. "Elle est nécessaire et légitime pour édifier la Syrie future à condition qu'elle soit honnête et que ses orientations sont contre l'ingérence étrangère", a indiqué al-Jaafari. "Tous les syriens sont concernés par la nécessité de reconstruire la Syrie sur des bases justes qui répondent aux exigences du peuple", a fait noter al-Jaafari qui a insisté que la question de l'autorité est interne et que le peuple syrien seul qui décide de son avenir. Abordant la mission du chef des observateurs le général Robert Mood, M. al-Jaafari a dit : "Notre évaluation de l'action de Mood est, en quelque sorte, positive. Il est un homme professionnel qui exécute sa mission et son travail d'une façon juste et appropriée et il jouit de la confiance d'un grand nombre de gens en Syrie et à l'extérieur. La Syrie n'a pas d'objections sur sa façon de travail". Il a fait remarquer que la charte des Nations Unies insiste sur les principes de la souveraineté et que personne ne doit s'ingérer dans les affaires d'autrui. Commentant les déclarations du délégué allemand, M. al-Jaafari a exprimé son souhait que l'Allemagne manifeste plus d'interaction positive avec les efforts destinés à alléger ou à arrêter la violence. De son côté, le délégué adjoint de la Russie auprès de l'ONU, Alexander Pankin, a souligné que le projet de résolution présenté par la Russie au Conseil de sécurité sur la prolongation de l'action de la mission d'observateurs se base sur l'appui au plan d'Annan et aux résultats de la réunion de Genève pour parvenir à un règlement pacifique de la crise en Syrie, indiquant que ce projet ne comprend pas de mesures en vertu du chapitre VII. M. Pankin a ajouté : " Pour garantir l'exécution de l'accord de Genève, il faut exercer des pressions à toutes les parties, y compris celles concernées par la crise et celles qui les soutiennent". "Les mesures unilatérales à l'égard de la Syrie sont inacceptables et il faut s'écarter de la menace du Chapitre VII et soutenir le dialogue national en Syrie", a-t-il fait savoir. M. Pankin a indiqué que l'action de la mission d'observateurs en Syrie était positive, "mais les circonstances en mai ont changé et l'action de la mission a été suspendue", a-t-il souligné. Il a fait savoir que la Russie s'était réunie plusieurs fois avec des groupes de l'opposition syrienne, soulignant que ces réunions n'étaient pas faciles, mais "constructives". Quant à l'envoi des navires russes en Syrie, M. Pankin a dit : " Beaucoup de navires et de flottes appartenant à nombreux pays sont présents dans la région et l'envoi des navires russes au port de Tartous utilisé comme base pour la fourniture du carburant n'a pas de dimensions militaires. La Russie présente à la Syrie, en vertu des contrats commerciaux, des systèmes défensifs, non pas d'armes qui peuvent être utilisés contre les manifestants". "Le débat au sein du Conseil avait porté sur la dimension liée à l'armement de l'opposition", a-t-il fait noter, soulignant que ces armes sont trafiquées en Syrie depuis des pays voisins en voie terrestre et sont présentées par des pays régionaux et arabes qui n'ont pas hontes de tels actes. "Il faut mettre fin à ce trafic et trouver des mécanismes pour contrôler les frontières et cesser l'afflux d'armes", a-t-il indiqué. M. Pankin a souligné la nécessité que toutes les parties extérieures influant sur la crise en Syrie doivent se mettent à la table, dont l'Iran qui est une partie essentielle dans le règlement de la crise, indiquant que son écartement manque de la sagesse. De même, M. Pankin a affirmé que la Russie ne soutiendra aucun projet de résolution au Conseil de sécurité menaçant d'imposer des sanctions à la Syrie. Dans une déclaration à la presse à New York, M. Pankin a indiqué que le gouvernement syrien avait souligné sa disposition à prendre l'initiative pour mettre fin à l'affrontement armé dans les régions les plus sensibles. Il a fait savoir qu'Annan visitera la semaine prochaine Moscou pour mener des entretiens avec des responsables russes. Pour sa part, M. Kofi Annan, émissaire des Nations Unies pour la Syrie, a fait savoir que le Conseil de sécurité avait débattu aujourd'hui lors d'une séance à huis-clos la crise en Syrie et les démarches à prendre à l'avenir. Dans une conférence de presse tenue après qu'il ait fait part au Conseil le Conseil des résultats de sa dernière visite à la région et du groupe du travail tenu à Genève, M. Annan a indiqué que ses entretiens en Syrie avaient porté sur l'application du plan de six points approuvé par le Conseil de sécurité, sur les mesures à prendre dans les régions qui souffrent d'une énorme violence et sur les moyens de mettre fin à la violence dans ces régions en aide des observateurs. M. Annan a indiqué que les membres du groupe du travail sur la Syrie avaient promu de poursuivre les pressions sur les parties de la crise en vue qu'elles appliquent les résolutions du Conseil de sécurité et de mettre fin à la violence pour parvenir à un dialogue politique. M. Annan a souligné que les deux gouvernements de l'Iran et de l'Irak avaient affirmé leur soutien au plan de six points et à l'idée de la transition politique pour assurer aux Syriens de décider de leur avenir politique. Quant à l'avenir de la mission des Nations Unies en Syrie, M. Annan a indiqué que cette question sera traitée par le Conseil de sécurité, soulignant qu'il y avait un projet de résolution russe sur la table et que l'ambassadeur britannique avait fait savoir qu'il y avait aussi trois membres permanents qui vont suggérer un autre projet de résolution. "Je n'ai pas constaté aucun succès dans l'arrêt de la violence. J'ai dit cela à tous les gouvernements et je leur ai demandé d'exercer des pressions sur toutes les parties pour soutenir le plan dans le but de réaliser le succès de cet objectif", a-t-il souligné. A propos de sa discussion avec le président Bachar al-Assad sur la nomination un négociateur avec l'opposition, M. Annan a dit : "Nous avons discuté cette question et le président al-Assad avait suggéré un nom". A. Chatta / L.A. |