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Simone Gbagbo. Le film d'un acte cynique et inhumain

Le Nouveau Courrier

Simone Gbagbo

Elle a été renvoyée manu militari à Odienné

Evacuée par hélicoptère le jeudi 2 mai 2013 à la Pisam pour y subir des soins, Simone Gbagbo n’a pu malheureusement aller au bout du traitement que nécessitait son état de santé. Et pour cause, le régime Ouattara a décidé d’écourter son séjour médical à Abidjan et de la renvoyer manu militari en «enfer» à Odienné, où elle est prisonnière depuis plus de 25 mois. Dans des conditions de «transfert» qui frisent le cynisme et le mépris.

L’ex-première Dame, Simone Ehivet Gbagbo, a été enlevée de son lit d’hôpital de la Pisam, avant d’être conduite manu militari, alors qu’elle était en tenue de soin, en direction de l’aéroport de Port-Bouët, où l’attendait un hélicoptère pour la ramener de force à Odienné, où elle est en détention. C’était en début d’après-midi du mercredi 8 mai 2013. Et pourtant, selon les informations en notre possession, et confirmées par son parti le Fpi, Simone Gbagbo avait été médicalement endormie quand la soldatesque de Ouattara a fait irruption dans sa chambre d’hôpital, avec la complicité du corps médical, pour l’emmener. «Ils nous ont chassé du hall des urgences, ils ont posté leurs gardes. Ils s’apprêtent à la faire partir», expliquait une proche de l’ex-Première Dame, présente au moment du kidnapping. La 2è vice-présidente du Fpi, qui était un peu groggy, a juste eu le temps de questionner ses «ravisseurs » circonstanciels. «Mais où vous m'emmenez, où vous m'emmenez ?», leur demandait-elle, la voix peu audible.

Ni les pleurs des parents, ni la réaction des avocats, ni la sollicitation de l'Onuci...

Bien avant, un dispositif militaire impressionnant avait quadrillé la Polyclinique et ses environs. Les riverains se posaient mille et une questions sur les raisons d’un tel dispositif. C’est plus tard qu’ils comprendront ce qui se tramait. Le commando envoyé par le pouvoir pour cette opération des plus cyniques n’a même pas daigné, rien que pour la forme, transférer Simone Gbagbo dans une ambulance.

C’est à bord d’un véhicule banalisé qu’elle sera conduite vers l’aéroport de Port-Bouët, où un hélicoptère les attendait, avec un autre dispositif militaire déployé. Ni les pleurs de parents et proches, encore moins la réaction du conseil d’avocats de l’ex-première Dame, ou encore la sollicitation de la Division des Droits de l’homme de l’Onuci n’ont pu freiner l’acharnement du régime Ouattara contre Simone Gbagbo. Qui a été enlevée de la Pisam, sans avoir emporté ses effets personnels. Une situation qui rappelle bien les circonstances du transfèrement de son époux de Korhogo à la Haye, via Abidjan : Laurent Gbagbo n’avait même pas été autorisé à prendre le moindre effet personnel, pas même ses lunettes pharmaceutiques.

Le régime Ouattara n’a rien changé dans ses méthodes de violations graves des droits élémentaires de l’homme. L’ex-Première Dame a été reconduite donc à Odienné, où l’hélicoptère la transportant a atterri aux environs de 16 heures. Avec un comité d’accueil digne d’une junte militaire. C’est donc très affaiblie que Simone Gbagbo a regagné ses quartiers pénitentiaires à Odienné, puisque le régime Ouattara a interrompu ses soins. Et 48 heures après, l’Onuci reste toujours muet sur ce cas flagrant de violation de droits de l’homme, attendant certainement que le pire se produise pour produire sa littérature habituelle. Alors que Simone Gbagbo avait été admise sur le même palier que son fils Michel Gbagbo à la Pisam, elle a été empêchée de le voir par le régime, malgré ses nombreuses sollicitations.

Franck Toti

Le FPI : «Ouattara est responsable de tout ce qui adviendra de Simone Gbagbo»

Le mardi 30 avril 2013, à la surprise générale, la direction du FPI a appris - par voie de presse - le transfert de Mme Simone Ehivet Gbagbo de sa «résidence surveillée»
d'Odienné à la clinique ‘La Pisam’ d'Abidjan pour un bilan de santé. Alors que tout portait à croire que les règles judiciaires en la matière avaient été respectées, c'est avec stupéfaction que la direction du FPI s'est entendue dire que ce transfèrement n'a obéi à aucune disposition légale.

Ce jour, mercredi 8 mai 2013, la direction du FPI - en alerte sur ce cas précis depuis 4 jours - vient d'être informé par son Conseil que "…Mme Simone Ehivet Gbagbo, la 2ème vice présidente du FPI et épouse du Président Laurent Gbagbo a été emmenée sous anesthésie vers une destination inconnue par des hommes en armes, sans aucun document officiel approprié..."

Selon l’avocat de la Première Dame, "...l'appareil judiciaire légal lui-même n'a aucune idée de la destination de Mme Gbagbo..." Devant cet état de fait, qui relève tout simplement du mépris du régime Ouattara pour l’Opposition et pour les droits humains des Ivoiriens, La Direction du FPI dénonce avec force ces agissements d’une autre époque et élève les plus vives protestations contre ces méthodes de gestion du pouvoir d’Etat. Le FPI - qui n'a eu de cesse de fustiger la dictature et la justice des vainqueurs instaurées en Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011 - constate que :

- sous le régime Ouattara, le pays s'enfonce inexorablement dans l'état de non-droit - toutcela se fait sous les yeux indifférents d'une communauté internationale qui s'est donnée le "droit d'ingérence" quand le peuple de Côte d'Ivoire a choisi son président le 28 novembre 2010.

Le FPI tient le président Alassane Ouattara pour responsable de tout ce qui adviendra. Le Front Populaire Ivoirien demande donc avec insistance à la France et à l'ONU de convaincre le régime Ouattara de rompre avec la dictature. Car, la coupe est presque pleine. Il ne faut pas qu'elle déborde. Tous, nous y avons intérêt.

Fait à Abidjan, le 8 mai 2013
Le Secrétaire Général par intérim & Porteparole
Dr Kodjo Richard

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