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Pour qui se prend-il cet ex-chef de la rébellion ivoirienne qui a endeuillé la Côte d’Ivoire avec au moins 6000 morts ? On croyait que sa fonction de président de l’Assemblée nationale, donc deuxième personnalité du pays, l’avait assagi. Que non ! Revoilà Guillaume Soro qui se livre à un one-man-show à l’allure de coq-à-l’âne depuis les Etats-Unis. Sa cible, encore et toujours le Fpi qu’il s’efforce de diaboliser. Le chef du parlement ivoirien a-t-il oublié son passé encore vivace dans les mémoires de chef de la rébellion de septembre 2002 ? «J’ai dit à certains responsables du Fpi, que si j’étais à la direction du Fpi, aujourd’hui tous ceux qui sont arrêtés seraient libérés parce qu’il s’agit de savoir s’y prendre», affirme-t-il. Pour Guillaume Soro, savoir s’y prendre signifie-t-il faire la courbette au régime Ouattara pour obtenir grâce ? Alors Soro montre ainsi donc que ce régime gouverne avec la haine et la vengeance, et non dans un esprit de cohésion nationale et de réconciliation.
Au nom de quel principe politique, le Fpi, dont les cadres et militants sont embastillés, aurait-il dû rentrer au gouvernement, participer aux élections législatives avec une Cei complètement RDR et des Frci, Dozos et milices burkinabé aux ordres du régime Ouattara ? A moins que l’objectif de Soro et son régime n’était autre que de décimer les pro-Gbagbo, quand on sait qu’entre les alliés PDCIet RDR, il y a eu des violences durant les législatives ? Guillaume Soro veut par ailleurs faire croire aux Ivoiriens qu’il ne peut y avoir d’amnistie sans que tous les prisonniers n’aient été condamnés par la justice des vainqueurs. Mauvaise foi (ou ignorance) quand tu nous tiens. En tant que rebelles, lui et ses camarades qui ont attaqué la mère patrie une nuit de septembre 2002, et endeuillé des milliers de familles, ont-ils été poursuivis ou jugés par la justice avant que le président Gbagbo ne fasse voter une loi d’amnistie en leur faveur ? Leur permettant de jouir de tous les privilèges de la République.
Et pour mieux emballer son «auditoire» acquis à sa cause, Soro Guillaume évoque son exil. Il dit avoir fait l’exil, c’est un fait. On le sait tous. Mais pourquoi ne dit-il pas les véritables raisons qui l’ont poussé à s’exilé dans le Burkina voisin ? En réalité, Si Soro est allé en exil, ce n’est pas en tout cas pour les mêmes raisons que les milliers d’Ivoiriens qui souffrent en exil en ce moment. Eux y sont à cause de leur vote, de leur soutien à Laurent Gbagbo. Soro, lui, a pris le chemin de l’exil à la suite de son coup d’Etat manqué de la «Mercédès noire» dans la nuit en janvier 2001. Guillaume Soro et quelques uns de ses lieutenants de l’époque (dont certains ont été chefs rebelles dans la rébellion de 2002), après l’échec de cette tentative de coup d’Etat, se sont cachés dans la forêt du Banco, pendant plusieurs jours. Et Soro sait pertinemment comment il a été exfiltré de là, comment un ancien ministre du gouvernement Affi N’Guessan leur a permis d’aller en exil.
Une fois en hors du pays, Soro a-t-il mené une vie d’exilé ? Non ! Les images de ses virées nocturnes dans les boites de nuit ouagalaises sont encore disponibles. Koné Zakaria même a affirmé dans un élément filmé qu’il recevait environ 25 millions de Fcfa pour leur nourriture à Ouaga, dans leur exil qui servait en réalité de préparation pour attaquer la mère patrie.
Le président de l’Assemblée nationale n’a pas fini de surprendre les Ivoiriens. Et révèle encore une fois que tout cet acharnement judiciaire contre les pro-Gbagbo n’est que politique. Il affirme avoir mis fin à des poursuites contre le Général Guiai Bi Poin qui a été arrêté alors que lui Soro était hors du pays. Si son geste d’avoir permis au Général Guiai Bi Poin de recouvrer la liberté est à saluer, mais tout de même que Soro prenne les Ivoiriens au sérieux. N’est-ce pas son régime qui a créé de toutes pièces un scénario, montant un charnier imaginaire dans la cour de l’école de gendarmerie, pour accuser Guiai Bi Poin ?Avant qu’il ne soit accusé plus tard de crimes économiques et relaxé par un tour de bâton magique ? Parce qu’en réalité, ce n’était qu’un acharnement politique et sans fondement. Mais comme le juge-procureur Guillaume Soro traînait par-là, il a fait libérer le Général Guiai Bi Poin.
Tout au long de son discours devant la diaspora Rhdp aux Etats-Unis, Soro s’est attribué le bon rôle. En clair, il a fait beaucoup pour la réconciliation, en facilitant le retour de civils et de militaires, en libérant des détenus, en conseillant la direction du Fpi, etc. Un message codé qu’il envoie implicitement à la CPI. Comment lui le bon, peut-il être ne serait-ce qu’un seul instant tracé par la Cpi, alors qu’il a tant fait et fait tant pour le processus de réconciliation ? Les gendarmes tués de sang froid à Bouaké ? Pas grave, dira-t-il certainement. Plus que jamais, Soro est aux abois.