Le Nouveau Courrier
Le président ivoirien renversé Laurent Gbagbo a finalement obtenu d’un greffier de la Cour pénale internationale l’aide judiciaire que réclame depuis trois semaines un de ses avocats, Maître
Emmanuel Altit. Il est présumé «indigent», selon Le Figaro. Qui affirme : «Malgré les investigations engagées dès son transfèrement hors de Côte d’Ivoire, l’enquêteur financier mandaté par la
CPI n’a en effet trouvé aucune trace d’avoirs attribuables à l’ex-homme fort d’Abidjan».
«Un examen préliminaire (…) laisse penser, a priori, que le demandeur ne dispose pas de ressources suffisantes pour prendre en charge tout ou partie des coûts de sa représentation légale devant
la cour», indique la décision rendue par le greffier Esteban Peralta Losilla. Qui s’empresse de dire que l’aide judiciaire octroyée ne l’est qu’à titre provisoire, la CPI n’ayant pas renoncé à
trouver des biens à Gbagbo, «auquel des rumeurs jamais confirmées ont notamment prêté des avoirs aux Etats-Unis et en Afrique du Sud», affirme Le Figaro.
Le fait qu’après plus de cinq semaines d’enquêtes, auxquelles ont évidemment collaboré avec zèle les dirigeants de pays occidentaux – particulièrement de la France, qui «piste» le fondateur du
FPI depuis toujours, et qui a accentué son effort lors de l’opération de gel des avoirs des personnalités de son régime –, aucune fortune cachée ni aucun bien immobilier n’aient été découverts,
est une victoire pour Laurent Gbagbo, quand on sait que les «biens mal acquis» des présidents africains pourtant amis de la France sont longuement documentés. Et que ses rivaux Henri Konan
Bédié et Alassane Ouattara revendiquent leur riche patrimoine immobilier dans l’Hexagone. Le chef d’Etat le plus détesté par la «communauté internationale» en Afrique serait-il donc un honnête
homme ?
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la CPI s’est engagée à prendre à sa charge, selon Le Figaro, « la rémunération d’un avocat, d’un assistant juridique et d’un gestionnaire de dossier
ainsi que le remboursement des frais engagés par la défense de Laurent Gbagbo à hauteur de 76 000 euros. «C’est un pas dans la bonne direction et nous sommes ravis que le greffe se soit
finalement rangé à nos arguments», s’est réjoui Maître Altit. Qui a tout de suite déploré le caractère «manifestement insuffisant» de cette aide, «complètement inadaptée à la mise en place
d’une défense effective et réelle dans une affaire de cette importance».
Philippe Brou, pour la rédaction web