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Gabon : Un jeune homme battu à mort par des policiers

Gabon - Le 21 février 2013 - Déjà vivement critiqués par les populations qui ont de moins en moins confiance en eux, des agents des forces de l’ordre ont une fois de plus fait négativement parler d’eux. Un jeune homme d’une vingtaine d’années aurait été battu à mort par des agents de l’Unité Spéciale d’Intervention (USI). Les faits se seraient passés dans un bar à Nzeng-Ayong dans la nuit de samedi à dimanche dernier, rapporte le quotidien « l’Union ».

Dans la soirée de samedi à dimanche dernier, un jeune homme d’une vingtaine d’années nommé Eyala, élève en Terminale au Lycée Technique Omar Bongo, s’installe dans un bar du quartier Nzeng-Ayong pour prendre un verre avec un de ses amis. Quelques heures après, des agents de l’Unité Spéciale d’Intervention (USI) auraient fait irruption dans le bar, donnant l’ordre à la tenancière de fermer selon les horaires établis par les mesures présidentielles.

Voyant l’acharnement des agents de l’USI et souhaitant aller continuer sa soirée ailleurs, le jeune homme aurait demandé à la gérante de lui rembourser la somme de 10.000 F CFA qu’il venait de lui remettre. Lors de cet échange entre le jeune homme et la gérante, les agents, n’ayant pas apprécié d’être interrompus, se seraient rués sur Eyala, le menaçant de le conduire au poste.

L’insistance et la menace des policiers vont pousser le jeune homme à décliner son identité, leur précisant qu’il était le fils d’un agent des forces de l’ordre logé à la Fopi. Loin d’attendrir les policiers, cette annonce les aurait plutôt irrités vu qu’ils se seraient mis à le flageller, ce, malgré les supplications du jeune homme.

« Ils ont continué à le battre malgré ses supplications. Ils ont asséné des coups violents au visage, au thorax et sur le reste du corps », a déclaré un témoin.

Conduit par la suite au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHU) par les agents, les responsables de cette unité sanitaire auraient refusé de s’occuper de la victime qui agonisait. Ce qui a poussé les « bourreaux » à le transporter à l’Hôpital d’Instructions d’Armées du PK9 où il rendra l’âme.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, toutefois les agents responsables ont été mis en quarantaine. Ce drame qui a suscité un vif sentiment de révolte dans l’opinion publique ramène une fois de plus au centre des débats, le problème de désordre et de dérives trop souvent constaté aujourd’hui dans les unités de forces de l’ordre.

Usant et abusant de leur autorité, les forces de l’ordre sont aujourd’hui, loin de satisfaire les populations qu’elles sont censées protéger. Bien au contraire, devenus des bourreaux plutôt que des protecteurs, leurs nombreuses dérives risquent à la longue de conduire les populations à se faire justice elles-mêmes, ceci, avec les conséquences qu’on peut aisément deviner...

 

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