Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Lieu ideal pour s'informer , relayer des informations,partager les idées tout en respectant les opinions des autres

Publicité

CPI. Bensouda ne veut plus enquêter

Le Nouveau Courrier

Fatou Bensouda

C’est l’hebdomadaire Jeune Afrique qui le révèle dans sa dernière édition, à paraître aujourd’hui. Fatou Bensouda a l’intention de faire appel contre la dernière décision des juges de la Chambre préliminaire I lui demandant de revoir sa copie, d’enquêter sérieusement et de présenter un standard de preuves plus élevé que ce qu’elle a servi lors de l’audience de confirmation des charges dans « l’affaire Gbagbo ». « Pour contester cette décision, la procureure s’appuiera sans doute sur l’opinion dissidente de la juge Gurmendi, présidente de la chambre préliminaire. Pour cette dernière, les éléments de preuve sont suffisants à ce stade de procédure », écrit Jeune Afrique.

Si elle se vérifie, cette information participera à démontrer que l’ajournement de la décision sur la confirmation ou l’infirmation des charges dans le cas Gbagbo n’a absolument pas la même signification que celle qui avait été prononcée, en 2009, dans le cadre de l’affaire Jean-Pierre Bemba – les juges avaient demandé au procureur d’ajouter un mode de responsabilité à ceux qui avaient été choisis dans un premier temps. Si elle fait appel, c’est que Fatou Bensouda elle-même interprète le verdict des juges de la Chambre préliminaire I comme un désaveu et une défaite, contrairement à certains de ses thuriféraires ivoiriens qui voudraient y voir une simple
modalité facile à « gérer ».

Fatou Bensouda veut manifestement éviter de répondre aux requêtes de la Chambre préliminaire sur des points cruciaux au sujet de l’activisme et les positions des Forces nouvelles, des FRCI et du « Commando invisible » de novembre 2010 à mai 2011 ; des détails sur les réunions de la prétendue « cellule » autour du président Gbagbo qui orchestrait un « plan commun » visant à persécuter une partie de la population ivoirienne ; et d’éventuelles études balistiques et médico-légales qui pourraient apporter un peu de clarté sur les événements d’Abobo de mars 2011... Plus que jamais, le bras de fer judiciaire se poursuit, dans un contexte de pressions politiques et diplomatiques qu’il faut toujours garder à l’esprit.

Philippe Brou

Après la décision de la CPI. Ouattara feint de prendre ses distances de Bensouda

«En ce qui concerne le verdict de l’audience de confirmation, nous prenons acte de cette décision. Le temps venu le gouvernement transmettra toutes les informations supplémentaires», avait déclaré le porte-parole du gouvernement Koné Bruno à l’issue du conseil des ministres extraordinaire du jeudi 6 juin dernier. On n’en attendait pas moins. Mais le régime a habitué les Ivoiriens aux contradictions les plus spectaculaires malgré la mise en place d’un programme de travail gouvernemental (PGT) à l’issue du séminaire gouvernemental qui s’est tenu les 12 et 13 mars dernier et qui est censé coordonner les initiatives des membres du gouvernement. Le fait est que le chef de l’Etat a encore embouché la trompette des sons.

En effet, A l’occasion de sa visite d’Etat au Congo-Brazzaville, Alassane Ouattara a pris le contre-piedde Koné Bruno hier dimanche 9 juin à Pointe-Noire lors d’une conférence de presse avec son homologue Denis Sassou Nguesso. «Les juges de la Cour pénale internationale ont fait un certain nombre de recommandations qui s'adressent au procureur. La Côte d'Ivoire attend simplement la décision de la CPI», a déclaré le chef de l’Etat ivoirien. Selon donc le locataire du palais présidentiel du Plateau, ce n’est pas à son régime de rechercher des éléments de preuves contre le président Gbagbo comme s’est promptement proposé de le faire le porte-parole du gouvernement, mais c’est plutôt à la procureure Fatou Bensouda et à son bureau que revient cette tâche. «Il appartient au procureur de fournir les documents complémentaires qui lui ont été demandés», a ajouté Ouattara. Qui estime que la Cour pénale internationale (CPI) fait « son travail en toute liberté » et lui à d’autres chats à fouetter que de se mettre au service du bureau du procureur. « Pour le reste, la CPI fait son travail, je fais le mien pour mes compatriotes », souligne-t-il. Là où le ministre de la Poste et des TIC soutient que le gouvernement va collaborer avec Bensouda pour fournir des preuves complémentaires, Ouattara estime qu’il a mieux à faire.

Mais les Ivoiriens ne sont pas dupes ! Le porte parole du gouvernement qui s’exprimait juste après un conseil des ministres a donné la position officielle du régime. Alassane Ouattara, pour se mettre dans la peau du démocrate qu’il n’est pas pour séduire les Congolais, a préféré botter en touche en feignant de prendre ses distances d’avec Bensouda. Il est pourtant comptable de la première défaite de celle-ci, pour lui avoir donné toutes les preuves fabriquées pour charger le président Gbagbo. La défaite étant orpheline, Ouattara ne veut pas assumer ce revers qui est aussi bien celui de Bensouda que de son régime.

Gérard Koné

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article