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L'Algérie se savait menacée, convoitée.
Elle a suivi de près, sans broncher (sauf quand il l'a fallu) toutes les manigances de l'adversaire. Elle a même plié et accompagné certains des plans de l'ennemi pour temporiser et se mettre en position de les déjouer.
Elle a vu des bases hostiles s'installer à l'est, au sud, et à l'ouest de ses frontières, sans compter les bases diffuses à l'intérieur. Au nord, il n'est pas nécessaire d'en parler, car toutes
les autres bases dépendent de ce nord. Elle sait donc à quoi s'attendre, de qui et pourquoi. Rien de nouveau.
Mais une campagne inédite est en train de se mettre en place. On nous annonce que l'Espagne ouvre des bases pour recevoir un demi-millier d'éléments des forces spéciales, relevant du corps des
Marines de l'US Navy, ainsi que 8 avions militaires américains, ayant pour objectif une future intervention en Algérie. (Lire l'artcle du mag)
Cette révélation semble être un scoop, une information de premier plan sur le développement des agissements des puissances hégémoniques. Mais quand on lit le texte, on constate qu'il s'agit de
tout à fait autre chose, 500 marines de plus, et alors ?
L'Espagne est un pays de l'OTAN et est truffée de bases de l'alliance qui y dispose d'un commandement de composante Terre à Madrid (le QG CC-Terre), le QG du corps de déploiement rapide basé à
Valence, le QG du commandant des forces maritimes de l'Espagne, à bord du bâtiment transport de chalands de débarquement des forces navales Castilla, des installations à la base aérienne de
Torrejon, et d'autres bases encore.
Rien de neuf, là non plus. Sauf que, derrière l'information, bien réelle, on nous distille des données présentées comme des constats, comme une réalité qu'il faudra prendre en compte au fur et à
mesure que les choses avanceront.
Quelques exemples suffiront à illustrer la manœuvre :
Déjà dans le titre de l'article : « Des Marines et des avions de combat US en Espagne, en prévision d'une chute du régime en Algérie ». Quand on parle de régime on sait
déjà d'où ça vient. On nous prépare à ce qui va suivre.
Ensuite, on nous dit « Algérie, où les prémices d'un chaos généralisé se font de plus en plus précises ». Pour intervenir, ils comptent déjà le justifier par un chaos généralisé. Alors on l'annonce à l'avance. Nous ne pouvons nous en empêcher, au passage, de poser quelques questions. Si chaos il y avait en Algérie, en quoi cela regarde-t-il les Etats-Unis et l'OTAN ? N'ont-ils pas leur propre chaos chez eux, sans que cela suscite une intervention extérieure ? Si quelques manifestations sont assimilées à une révolution populaire avec chute du régime, qu'attend Hollande pour partir, lui qui a réussi à faire descendre des millions de Français dans la rue ?
« L'actuel président Abdelaziz Bouteflika, compte s'éterniser au pouvoir en se confectionnant un scrutin le faisant succéder une 4ème fois, à lui-même ». Ce sera sans doute un des futurs
slogans que les futurs manifestants, dûment briefés, vont scander, à l'instar des 40 ans de Kadhafi.
Nous ne vous en donnons pas plus, Dans le texte, vous trouverez tous les ingrédients que l'on veut mettre en place, avec les mots classiques : « grogne », « répressions », «
atteinte aux droits de l'homme », toutes choses que l'on retrouve de manière plus aiguë aux Etats-Unis, par exemple. Si la grogne populaire devait à chaque fois se traduire par des
bombardements, des massacres, et la destruction des infrastructures, il ne resterait plus,en Espagne, aucune base où pourrait atterrir les 8 avions US.
Nous ne savons pas si c'est le début d'une campagne ou la continuation d'une autre. Mais la méthode utilisée ici, avec un ton mesuré, un « expert » enfonçant le clou, nous semble
autrement plus dangereuse que les vociférations d'un survolté, A suivre donc.
Avic / Réseau International