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Alassane Ouattara, essoufflé et sans «Solutions», s’est éclipsé à la veille de la commémoration du 1er mai, fête du travail, pour trouver «refuge» en France. Il n’a pas osé
affronter du regard les travailleurs ivoiriens qui ont vu leur situation s’empirer dangereusement depuis un an.
La commémoration du 1er mai de l’an dernier n’a pas véritablement eu lieu, pour raison de crise. Le rendez-vous de ce mardi 1er mai était donc très attendu aussi bien des travailleurs que
de l’ensemble des Ivoiriens. Cela devrait être la première occasion pour l’actuel occupant du palais présidentiel, au pouvoir depuis le 11 avril d’écouter véritablement les travailleurs
et échanger avec eux sur les questions liées au bien-être des travailleurs. Grande a donc été la surprise des Ivoiriens d’apprendre le voyage quasi improvisé d’Alassane Ouattara en France
(il est parti le dimanche), à la veille de la fête du travail. De deux choses, l’une. Soit Ouattara fuit les travailleurs ivoiriens, soit il refuse de les rencontrer parce qu’il éprouve
dédain et mépris pour ces derniers.
Sinon comment expliquer cette fuite en avant du chef de l’Etat, quand il est attendu sur une pléiade de préoccupations relatives à la situation des travailleurs ? Notamment, la
concrétisation des acquis des revendications passées, les avancements indiciaires sans effets financiers, la valse des licenciements abusifs et sur fond de rattrapage ethnique, les
travailleurs illégalement détenus dont le premier responsable de la centrale syndicale Dignité, Mahan Gahé Basile, la cherté de la vie, le problème de la Mugef-Ci, la sécurité sociale et
la hausse des cotisations, la sécurité des biens et des personnes, l’emploi des jeunes...
Face à toutes ces préoccupations somme toute légitimes des travailleurs, quel langage pouvait donc tenir Alassane Ouattara ? Quelles promesses ou mieux quelles solutions pouvait- il
encore sortir de sa besace ? Assurément aucune ! C’est donc un Alassane Ouattara sans solutions face aux problèmes réels posés, qui a préféré trouver «refuge» chez son ami
Sarkozy, déguisant sa fuite en avant sous le terme «séjour privé».
Ce qui a fait dire au Pr Mamadou Koulibaly que ce déplacement de Ouattara, à la veille du 1er mai, était de trop. «J'aurais été à la place du président, je serais resté pour écouter
les travailleurs par ces temps de difficultés économiques, par ces temps de problèmes sociaux, surtout que plusieurs syndicats de travailleurs ont des plaintes. Le président serait resté
ici pour écouter les syndicalistes et essayer de trouver des solutions à ces problèmes», a déclaré le président de Lider, lors d’un séminaire de son parti tenu hier.
Déjà que face aux licenciements abusifs et à caractère politique dans les sociétés d’Etat, Ouattara tentait de se dédouaner en affirmant qu’il n’avait mandaté personne à procéder à des
licenciements. Et pourtant, au début de la crise post-électorale, c’est bien lui Alassane Ouattara qui multipliait les appels à la paralysie de l’Etat, les opérations «pays
mort»… Les conséquences de ces appels à la désobéissance civile et administrative, il les fait payer cash aujourd’hui aux pauvres populations, avec un chapelet de licenciements dans
les entreprises. «La Côte d’Ivoire est encore convalescente», plaide-t-il
Après avoir instrumentalisé, politisé le milieu syndical des années durant, Alassane Ouattara et ses lieutenants ne pensaient-ils pas vraiment prendre le pouvoir un jour ? Voici que le
cycle des revendications des travailleurs, s’est remis en marche. Face au front social qui s’éveille, Ouattara mandate son premier ministre pour plaider une trêve –décidément sans fin –,
après la première année de grâce. «La Côte d’Ivoire est encore convalescente. Si le droit de grève vous est légitimement reconnu, votre devoir de fils de ce pays vous commande la
retenue, afin d’éviter de compromettre les efforts déployés par tous les Ivoiriens pour parvenir à la relative normalité que nous connaissons en ce moment», a plaidé hier Ahoussou
Jeannot devant les travailleurs. Avant de leur annoncer d’envisager «la revue des engagements pris par le Gouvernement en 2009 et procéder au renouvellement du protocole d’accord
portant trêve sociale».
Frank Toti