Ce matin-là, Ziad Takieddine reçoit dans sa cuisine. Deux grandes pièces en enfilade, des murs en petites briques rouges décorés de faïences et de vieux ustensiles en fonte. Une imposante table en bois est un des seuls meubles qu'il reste dans l'hôtel particulier de l'avenue Georges-Mandel (Paris-16e), vidé au fur et à mesure des saisies judiciaires qui ont visé le maître des lieux. La cuisine, quand l'opulence régnait encore, était un espace réservé aux domestiques. Aujourd'hui, c'est l'une des rares pièces chauffées des 700 mètres carrés de la maison.
Désormais privé de personnel, Ziad Takieddine est aux fourneaux. Il se prépare un thé, nous propose du café soluble. Il est même allé acheter des croissants. Il est de très bonne humeur. Pourtant, la veille, le mercredi 7 décembre, il a été mis en examen. Les chefs de poursuite sont sévères : "complicité de corruption et de trafic d'influence commis par des personnes exerçant une fonction publique" et "complicité de détournement de fonds publics libyens". Certes, il aurait préféré bénéficier du statut de témoin assisté, lui, le dénonciateur. Mais qu'impo
