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Un ancien capitaine de l’armée française affirme que le but de la mission de l’armée française au Rwanda en 1994 n’était pas seulement humanitaire, mais offensive

Datée du 3 juillet 1994, l’image montre des militaires hutus accueillant un détachement de la marine française, venue pour se rendre dans un camp de réfugiés rwandais qui ont fui les forces du FPR. La France est toujours sous enquête pour son rôle controversé dans la guerre civile et le génocide. (AFP)

Datée du 3 juillet 1994, l’image montre des militaires hutus accueillant un détachement de la marine française, venue pour se rendre dans un camp de réfugiés rwandais qui ont fui les forces du FPR. La France est toujours sous enquête pour son rôle controversé dans la guerre civile et le génocide. (AFP)

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Un ancien capitaine affirme que le but de la mission de l’armée française au Rwanda en 1994 n’était pas seulement humanitaire, mais offensive. Des accusations que réfutent son commandant de l’époque et l’ancien Premier ministre Edouard Balladur.

Il a décidé de témoigner pour enfin “parvenir à la vérité des faits”. Guillaume Ancel était capitaine de l’armée française en 1994. Déployé au Rwanda au moment du génocide, il avait été affecté au détachement de la Légion étrangère. Lundi 7 avril, il a livré sur France Culture des révélations de nature à remettre en cause la version “officielle” de l’engagement des militaires français au Rwanda au moment du génocide.

Vingt ans jour pour jour après le début du génocide des Tutsis au Rwanda, et alors que le président rwandais Paul Kagame met directement en cause la responsabilité de la France, cet ancien officier de l’armée française apporte un nouvel éclairage sur l’opération Turquoise, du 23 juin au 22 août 1994.

Turquoise, une opération “offensive” au Rwanda

Depuis octobre 1990, Paris soutenait politiquement, financièrement mais aussi militairement le régime rwandais de Juvénal Habyarimana contre les “rebelles” du Front patriotique rwandais (FPR). L’opération Turquoise a été officiellement lancée le 23 juin 1994, après un vote du Conseil de sécurité, qui souligne dans sa résolution 929 “le caractère strictement humanitaire de cette opération. [Elle devra] être de façon impartiale et neutre et ne constituera pas une force d’interposition entre les parties.”

Mais selon l’ancien capitaine français, avant de devenir humanitaire, Turquoise a clairement été une opération offensive. Un raid terrestre, qui devait être accompagné de frappes aériennes, avait été programmé pour aller jusqu’à Kigali. Son objectif : contrer militairement l’avancée du FPR. “Moi je suis parti avec l’ordre opérationnel de préparer un raid sur Kigali. Quand on fait un raid sur Kigali, c’est pour remettre au pouvoir le gouvernement qu’on soutient, c’est pas pour aller créer une radio libre”, explique Guillaume Ancel, qui a quitté l’armée en 2005, avec le grade de lieutenant-colonel. “L’ordre que j’ai reçu pour partir au Rwanda était extrêmement offensif”, affirme-t-il. L’ex-militaire affirme avoir ensuite reçu, entre le 29 juin et le 1er juillet, un autre ordre, qui “était d’arrêter par la force l’avancée des soldats du FPR”: “On n’est toujours pas dans une mission humanitaire.”

Selon lui, la France aurait ensuite continué à soutenir le gouvernement génocidaire rwandais et son armée en rendant, vers la mi-juillet, “à ce qui restait des forces armées rwandaises, les dizaines de milliers d’armes” que les militaires français avaient confisquées dans la zone humanitaire. “On a clairement été à l’origine d’une continuation des combats […], qui ont fait de nouveau des centaines de milliers de morts”, admet-il.

Des déclarations à contre-courant de sa hiérarchie

La nature de l’opération extérieure française au Rwanda n’a jamais été remise en cause, ni par la Mission d’information parlementaire en 1998, ni par les autorités politiques ou militaires.

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