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Une anesthésiste belge souffrant d’un «problème pathologique d’alcool» a été mise en détention provisoire jeudi après le décès, deux jours plus tôt, d’une de ses patientes lors de son accouchement.
Mardi, une jeune femme est décédée à la maternité d’Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques, suite à un accident d’anesthésie lors de son accouchement. Une anesthésiste belge souffrant d’un «problème pathologique d’alcool» a été mise en détention provisoire jeudi.
Parallèlement à ce volet judiciaire se poursuit la procédure sur la possible fermeture de la maternité d’Orthez, déjà en sursis en raison de difficultés chroniques de recrutement de gynécologues-obstétriciens. «Je ne me vois absolument pas rouvrir cette maternité sachant que je serai obligé au 11 octobre, date-limite, de constater que les conditions du côté des obstétriciens ne sont absolument pas remplies», a déclaré le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Aquitaine, Michel Laforcade, sur France Bleu Béarn.
L’accident est survenu dans la nuit du 26 au 27 septembre lors de l’accouchement par césarienne, sous anesthésie générale, d’une jeune parturiente âgée de 28 ans. Victime d’un arrêt cardiaque, elle avait été transférée à l’Hôpital de Pau, où elle est décédée. Son bébé est quant à lui sain et sauf et les autorités sanitaires avaient décidé dès lundi de suspendre l’activité de la maternité.
Convoquée devant les gendarmes mardi, l’anesthésiste, âgée de 45 ans, s’était présentée avec un taux d’alcool de 2,40 g/l de sang et a reconnu avoir «un problème pathologique d’alcool». Placée en garde à vue, elle a été mise en examen et en détention provisoire à la maison d’arrêt de Pau jeudi pour «homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d’une obligation de prudence et de sécurité», passible de cinq ans d’emprisonnement, selon le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller.
Il apparaît au terme de l’enquête deux séries de manquements: d’abord «les conditions dans lesquelles l’anesthésie s’est déroulée» où «l’utilisation des produits anesthésiants et de respiration artificielle semblent non-conformes», a indiqué le procureur. Le deuxième manquement est lié au comportement du médecin «qui n’était pas dans son état normal durant l’intervention». Selon M. Muller, «cela donne du relief particulier aux constatations faites par l’équipe médicale au moment de l’intervention», à savoir «des difficultés d’expression, de compréhension et des problèmes de réactivité». De source proche de l’enquête, on évoque ainsi une «erreur médicale manifeste», l’anesthésiste aurait intubé l’œsophage de la patiente au lieu de ses voies respiratoires pour tenter de la ranimer.
Vendredi, le maire d’Orthez, Yves Darrigrand, a affirmé sur RTL qu’«il n’y avait pas d’anesthésiste de remplacement» au moment de l’accident d’anesthésie fatal à une femme lors de son accouchement à la maternité de la ville, suspendue depuis. Sans qu’il soit établi si elle était ivre au moment des faits, l’anesthésiste belge qui intervenait lors de cet accouchement a reconnu souffrir d’un «problème pathologique d’alcool". Elle présentait ce soir-là «un comportement bizarre», a indiqué le Procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller